Un jeune moine copiste apprend son futur métier. Il écoute bien les explications du père supérieur et à la fin il lui demande :
— Par quel livre dois-je commencer ?
— Avec celui des règles de vie de notre monastère. C’est un rituel jamais changé depuis cinq cents ans. Tu dois recopier les règles de notre monastère et ensuite tu pourras recopier d’autres livres.
— Quel modèle dois-je utiliser?
— Le dernier livre écrit par ton collègue arrivé le mois dernier.
— Excusez-moi, mais il y a un problème. S’il a fait une erreur, et si quelqu’un d’autre a fait une erreur avant lui, alors je devrai copier une erreur. Ce n’est pas une bonne méthode.
— Oui ! Tu as raison ! Je n’y avais jamais pensé, et maintenant il est temps de faire une vérification.
Le père supérieur prend une réserve de bougies, ouvre la porte de la cave du monastère, descend les escaliers et disparaît dans l’obscurité de la salle des archives.
À midi, il n’est pas là pour déjeuner.
À dix-sept heures, il n’est pas présent pour prier.
À minuit, Il n’est pas dans sa cellule.
Le jeune moine prend une bougie, descend les escaliers de la cave, entre dans la salle des archives et trouve le père supérieur, assis devant un grand manuscrit ouvert et poussiéreux. Il reste immobile, regarde toujours la même page et pleure.
— Que se passe-t-il ?
— Il y a eu une erreur ! Il y a eu une erreur ! Un jour, il y a eu une erreur ! Quand je suis arrivé, moi aussi, j’ai copié une erreur !
— Quelle erreur ?
— Le père fondateur avait écrit : « Tous devront faire vœu de charité. » As-tu entendu ? De charité ! Pas de chasteté !
Un giovane monaco copista impara il suo futuro mestiere. Ascolta bene le spiegazioni del padre superiore e alla fine gli chiede:
— Con quale libro devo iniziare?
— Con quello delle regole di vita del nostro monastero. È un rituale mai cambiato da cinquecento anni. Devi ricopiare le regole del nostro monastero e dopo potrai ricopiare altri libri.
— Quale modello dovrò usare?
— L'ultimo libro scritto dal tuo collega arrivato il mese scorso.
— Scusi, ma c'è un problema. Se lui ha fatto un errore, e se qualcun altro ha fatto un errore prima di lui, allora dovrò ricopiare un errore. Non mi sembra un modo di fare accettabile.
— Sì! Hai ragione! Non ci avevo mai pensato, e ora è tempo di fare una verifica.
Il padre superiore prende una riserva di candele, apre la porta della cantina del monastero, scende le scale e sparisce nel buio dell'archivio.
A mezzogiorno, non è presente per pranzare.
Alle diciassette, non è presente per pregare.
A mezzanotte non è nella sua cella.
Il giovane monaco prende una candela, scende le scale della cantina, entra nell'archivio e trova il padre superiore, seduto davanti a un grande manoscritto polveroso aperto. Rimane immobile, guarda sempre la stessa pagina, e piange.
— Che cosa succede?
— C'è stato un errore! C'è stato un errore! Un giorno c'è stato un errore! Anch'io quando sono arrivato ho ricopiato un errore!
— Quale errore?
— Il padre fondatore aveva scritto: "Tutti dovranno fare voto di carità". Hai sentito? Di carità! Non di castità!
Questa pagina è stata modificata il 06.04.26 · auguste@magli.fr